Mardi 21 novembre 2006
Si les bébés de France mangent avec des petites cuillères, les bébés chinois mangent-ils avec des cure-dents ?
par Fifounet publié dans : Questions existentielles
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Mardi 21 novembre 2006
Après 50 ans de gaspillage et de débauche énergétique, le pétrole commence à manquer et va donc devenir rare et cher. Mais, si la pénurie énergétique se profile à l'horizon, le discours dominant se veut toujours rassurant : pour les économistes, le progrès scientifique résoudra les problèmes et, d'ailleurs, plus le pétrole sera cher, plus les coûts d'extraction des gisements ultimes seront supportables et plus les alternatives au pétrole seront rentables. Mais quelles sont les alternatives crédibles aujourd'hui ?

Si le chauffage et les besoins thermiques peuvent être partiellement couverts à terme par les énergies renouvelables (biomasse et géothermie), la question des transports terrestres et aériens reste la plus difficile aujourd'hui. La voiture électrique, malgré 30 ans de recherche intensive, restera confinée au milieu urbain car sa faible autonomie énergétique, associée à une longue durée de recharge, la condamne aux cycles courts. D'autre part, l'électricité n'est pas une source d'énergie mais un simple vecteur, et sa production, qui dépend du nucléaire, des ressources fossiles, de l'hydraulique et, marginalement, de l'éolien et du solaire, verra donc son prix de vente corrélé au prix de l'énergie.
Parmi les nombreuses voies du futur, on cite souvent le moteur à hydrogène, présenté comme non polluant puisqu'il n'émet que de la vapeur d'eau, en oubliant cependant que l'hydrogène n'existe pas à l'état de ressource disponible et que, pour le produire, il faut dépenser beaucoup plus d'énergie qu'on en récupère.C'est d'ailleurs presque le même problème pour les autres acrburants d'origine fossile (gaz naturel ou charbon liquide) puisque, là encore, il faut dépenser beaucoup plus d'énergie (extraction, transport, thermochimie, compression, liquéfaction) que l'énergie finale utilisable.
Avec des rendements de conversion dérisoires, il ne s'agit donc que de solutions provisoires, incapables de remplacer un pétrole abondant et bon marché. Quant aux biocarburants qui sont présentés comme des réponses évidentes face à la raréfaction inéluctable de nos ressources pétrolières, il est assez facile de démontrer qu'ils ne pourront pas se substituer à nos carburants conventionnels car toutes les surfaces labourables n'y suffiraient pas. Ils ne remplaceront au mieux que 15 à 20 % des carburants et seront pour l'essentiel utilisés par les agriculteurs eux-mêmes (ils le font déjà...). L'expérience montre en effet qu'environ 15 % des surfaces agricoles sont nécessaires pour satisfaire les seuls besoins agricoles at qu'au-delà, une concurrence entre production alimentaire et production énergétique devrait pénaliser les productions énergétiques, car les besoins alimentaires resteront forcément toujours prioritaires.
Les biocarburants ou les dérivés énergétiques liquides de la biomasse (BTL pour les intimes...) ne contribueront donc que partiellement à combler notre déficit énergétique. Par contre, ils peuvent modifier considérablement nos paysages et nos écosystèmes par la généralisation d'une agriculture et d'une sylviculture intensive, concentrées autour des centres de transformation et avec tous les dégâts collatéraux engendrés par ce type de monoculture régionale. L'absence de cahier des charges pour les cultures énergétiques et la disparition programmée des jachères montrent aujourd'hui que ce risque est important.
Après épuisement des ressources fossiles, l'humanité devra donc se résoudre à vivre à partir de ses seules ressources renouvelables. C'est peut-être une chance pour la biosphère qui ne pourra plus supporter longtemps encore le mode de développement actuel, fondé essentiellement sur la consommation toujours croissante des ressources naturelles.
Le soleil est à terme la seule ressource indéfiniment renouvelable. Le vent, la photovoltaïque, le solaire thermique et bien sur la valorisation énergétique de la biomasse via la photosynthèse resteront ses pricipales ressources.
La sobriété énergétique, associée à une efficacité renforcée de la consommation, constitue la seule voie soutenable à long terme.
par Fifounet publié dans : Actualités
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